RÉCIT DE LA FORÊT BAVAROISE
traduction de Jean-Yves Masson, postface de Wolfgang Matz
Écrit en novembre 1867, Récit de la forêt bavaroise est la dernière œuvre d’Adalbert Stifter, qui mit fin à ses jours peu de temps après l’avoir
terminée, en janvier 1868. Ce texte autobiographique se fonde sur des événements survenus un an plus tôt, en novembre 1866.
Après un été puis un début d’automne passés dans les Alpes bavaroises sur l’ordre de son médecin, l’écrivain laisse sa femme et la nièce de celle-ci regagner leur résidence de Linz, en Autriche, car
il désire prolonger le plus longtemps possible son séjour pour profiter de la douceur exceptionnelle du climat. Mais bientôt, Stifter reçoit des nouvelles inquiétantes de la santé de son épouse et
décide d’aller la retrouver sans tarder.
Cependant, on est à la mi-novembre et, brusquement, le beau temps fait place à de très fortes chutes de neige.
L’écrivain se trouve alors pris dans une tempête d’une violence inouïe dont la description lui inspire des pages d’une beauté inquiétante. C’est que la nature, dans son déchaînement, révèle sa
puissance fascinante et dangereuse, réduisant à néant toute prétention de l’homme à la dompter. Miroir privilégié de l’âme de l’écrivain à travers son œuvre entière, la forêt semble ici refléter son
tourment intérieur tout en l’emplissant d’une exaltation qui l’entraîne déjà au-delà de lui-même.
Dans sa postface intitulée « Une obscure blancheur », Wolfgang Matz, responsable de l’édition allemande de référence des nouvelles de Stifter et auteur de la plus complète biographie de l’écrivain, part des écarts entre le récit et les faits réels pour donner de cet ultime chef-d’œuvre une lecture novatrice qui en dégage la valeur testamentaire.
Adalbert Stifter (1805-1868) est l’un des plus grands classiques de la littérature autrichienne. Révélé en France par Henri Thomas, il a été largement traduit depuis une quarantaine d’années. Brigitta, L’Homme sans postérité, Cristal de roche, Pierres multicolores, Tourmaline, Descendances, Le Village de la lande comptent parmi ses œuvres les plus célèbres, sans oublier son monumental roman L’Arrière-saison.